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A 23 ans A-Trak a accompli plus que bien des old timers des platines. Son palmarès en compétition force le respect, champion du monde à 15 ans et retraité à 18 ans, ça laisse rêveur. Le DJ canadien personnifie à lui seul l’engouement qu’a connu le turntablisme à la fin des années 90 et le violent désintérêt qui a suivi. Préparer une routine de six minutes tous les ans c’est bien pour les compétitions, mais un peu maigre quand on aspire à tourner dans le monde entier pour présenter ce qu’on sait faire. Aucun promoteur ne peut se permettre de payer un cachet, un hôtel, un billet de train et un repas à un DJ qui va rester sur scène six ou même quinze minutes. Or le problème est que beaucoup de DJ qui ont appris à scratcher avec les vidéos de Q-Bert se sont achetés des platines pour scratcher, parfois pour faire du beat-juggling, mais quasiment personne n’avait l’idée de mixer avec. Et les rares qui savaient mixer correctement avaient rarement une discothèque impressionnante. Qu’est-ce qu’on a pu s’emmerder à écouter les sets de nos turntablists préférés ! Ou pire encore le souvenir traumatisant de la première fois où on a entendu une mixtape de DJ Craze : une heure de r&b mal mixé et aucune routine !
Toute l’appréhension qu’on a avant d’aborder un mix de ce genre est vite dissipé ici. Etant enregistré en live on aurait pu craindre un festival de calages approximatif, dépourvu de zigga zigga. Pas de ça ici, le CD démarre sur un concentré de douze minutes de technique. Drumming, scratches, passes-passes, tous les tricks qui passionnent tous les autres turntablistes (mais que les autres turntablistes !) sont égrenés avec ferveur. Pendant ce temps là le public de Vancouver venu pour faire la fête ce soir de septembre se presse au bar et socialise en attendant que le DJ de Kanye West passe des disques sur lesquels on peut danser. Et bien vite il s’exécute avec une sélection éclectique et dansante qui explore tout ce qui fait remuer une paire de fesse en 2005 et 2006. Il blend à tout va : hip hop old school, funk 80’s, booty, Miami Bass, electro, Baltimore house s’enchevêtrent dans un mix fortement influencé par Hollertronix. La playlist ne souffre d’aucun complexe, A-Trak ne participe pas à un concours de street crédibilité, il cherche juste à faire danser son public et il y parvient avec la complicité de EPMD, De La Soul, Gwen Stefani, Michael Jackson, Herbie Hancock, Common, Curtis Mayfield, Kanye West, Three 6 Mafia, Tag Team, Egyptian Lover, R Kelly, Spank Rock, Whitney Houston etc.
Rédacteur : SLurg
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