Just Like HipHop - Interview
   
        La Caution & Transforma
        La Caution & Transforma
        Pumpkin
        Rocé
        Morad
        Casey
        Cassidy - X-Men
        Rudnes
   
page :  1  2 3 4 5 6 7 8 9 10
 

Nasme
En Special Guest

Fabe
Détournement de son

Diess
Just For Your Hand 2

Diess
Just For Your Hand

Leksa
Octobeat Vol 5

Greem
Soundbox One (strings & vocals)

Le Jad & Hertz
Reversible

Scred Connexion [Vinyl]
Indomptés EP

Zakariens
Avenir en suspens

Le Jad & Ligone
Around The Wheel

 

Kool Keith
Message from the boss   2007-10-22

Quand l’industrie du disque aura disparu les livres d’histoires ne retiendront que quelques noms pour parler de la musique populaire du siècle dernier : les Beatles, James Brown, Kool Keith, Lorie… Unique en son genre Kool Keith a marqué l’histoire du rap à plus d’un titre : premier rapper à traiter de voyages intergalactiques, premier aussi aborder des sujets comme la zoophilie, l’urologie, la scatologie etc C’est surtout le rappeur le plus prolifique avec une trentaine d’albums au compteur (à l’heure où nous mettons sous presse).

Tu as toujours beaucoup de projets en indés en même temps, est-ce que tu pense que les majors peuvent servir à quelque chose pour quelqu’un comme toi ?

Ca dépend, j’ai été signé plusieurs fois en major dans le passé (Capitol, Mercury, Sony…) mais j’ai plus de liberté étant en indé. Au niveau créatif c’est plus agréable mais je sais m’adapter aux deux mondes. Si on me propose de faire un projet en major je pourrais le faire, mais je préfère travailler avec des labels indé, il n’y a pas toutes ces restrictions.

Quels conseils tu donnerais à un artiste qui commence ?

De toujours faire attention à l’aspect business, lire les contrats, faire attention à ses éditions, au taux de royalties, les territoires, faire gaffe à ce que tu touches sur les exports. Tout ce genre de choses.

Tu n’as pas de manager, pourquoi ?

Je travaille depuis 1987 sans avoir de manager, j’en ai eu un pendant quelques temps quand je me suis installé à Los Angeles. Je travaille directement avec les tourneurs, ce n’est pas très compliqué, ça ne représente pas trop de boulot. Pourquoi avoir quelqu’un qui va prendre un pourcentage sur tout le travail que tu fais simplement pour filtrer tes appels ? J’appelle les labels moi même, je répond à mes e-mails.

En général tu n’as jamais plus d’un ou deux producteurs sur tes albums, pourquoi ?

J’aime qu’un album ait son propre son. Je n’aime pas qu’il y ait trop de personnes différentes qui interviennent. J’ai ma propre façon d’écrire et j’aime un certain type de sons. Beaucoup de producteurs vont dans tous les sens et ça ne m’intéresse pas de m’adapter à leur styles. Certains veulent me faire rapper sur d’autres types de beats, mais je ne rappe pas pour leur faire plaisir, je rappe pour moi, je fais ce qui m’intéresse.

Après avoir collaboré avec Prodigy et Automator tu as touché un public très différent du public d’Ultramagnetic MCs. Ca te dérange ?

Non, je suis un artiste qui a évolué, ma vie a changé, c’est normal qu’un public différent vienne vers ma musique. Le seul problème que ça pose c’est quand ces gens restent bloqués sur cette période et pensent que tous mes disques doivent être des concept albums. J’aime bien les concept, mais je ne veux pas faire que ça. Mon public devrait aussi écouter et accepter les autres albums. Je sais que certain écoutent Dr Octagon et ne connaissant pas du tout mon passé, ne réalisent pas que j’ai grandit dans le Bronx.

Quand tu es venu à Paris il y a deux ans au festival électronique de La Vilette tu jouais devant un hangar aux ¾ vide en première partie de groupes qui ont deux ans de carrière. Ca ne te dérange pas ?

Je m’en fout un peu de jouer en premier ou en dernier, je n’ai pas la grosse tête. J’aime être sur scène. Certains artistes seraient vexés de faire des première parties, je m’en fout. Tu vois, parfois le gens pensent que je suis quelqu’un d’arrogant parce que je dis ce que je pense, mais je peux passer en tête d’affiche ou en première partie, tant pis pour ceux qui sont programmés après moi. Parfois les promoteurs font passer des groupes derrière moi qui se font siffler parce que je ramène plus de fans, c’est dur de passer après moi. Et puis tant mieux si je fais la première partie, ça me permet de me coucher plus tôt !

Qui est novateur dans le rap ou dans la musique en général aujourd’hui selon toi ?

Personne. Tout a déjà été fait. Tous les groupes de rock portent les mêmes t-shirts noirs, jouent de la guitare de la même façon. Le rap n’évolue pas, la pop non plus, ni le r&b. Visuellement ça ne change pas, musicalement ça ne change pas. Je ne vois rien d’original à part moi dans le rap, dans le r&b, dans le punk, dans l’electro.

Pourquoi es-tu parti vivre à Los Angeles ?

J’ai déménagé en 1995 je crois, j’avais signé chez Capitol, j’ai fait cet album avec Kutmasta Kurt. J’ai vécu chez des amis au début, on travaillait sur l’album Sex Style. Hollywood est la capitale du sexe, l’album reflète l’ambiance de cette ville et mon état d’esprit à l’époque. La Californie est très laid back, moins de stress qu’à New-York. Beaucoup de gens viennent à Los Angeles pour devenir une star, pour devenir quelqu’un, mais ce n’était pas mon cas, Los Angeles ne m’a pas changé. Ensuite je suis retourné à New-York, Los Angeles était une parenthèse. Automator m'a appelé un jour quand j'étais à Los Angeles, je suis parti un matin à 9h pour San Francisco et je suis rentré le lendemain à 23h. Tout l'album de Dr Octagon a été fait en deux jours. En général je fais un album en une journée. Enfin ça dépend, certains projets prennent plus de temps, ça peut être une semaine, deux semaines parfois.

Tu n’as pas essayé de te lancer dans le cinéma quand tu étais à Hollywood ?

J’ai fait un film, Champions. On me l’a proposé mai je n’ai pas essayé de faire carrière dans le cinéma, je n’ai pas couru les auditions.

Pourtant tu es un vrai personnage, tu aurais pu avoir ta place.

Tu sais ce n’est pas compliqué de se faire une place à Hollywood, mais ce n’est pas du tout le milieu que je fréquentais quand j’étais à L.A. Les actrices qui sniffent de la coke tous les soirs, qui boivent et qui font la fête sur les hauteurs, la vie à Hollywood ne m’intéresse pas. Je préférais South Central, ses prostituées et ses gangsters. Les gangsters ne pouvaient pas croire qu’un rappeur de New-York vienne s’installer dans le quartier. Je ne suis pas allé à Los Angeles pour vire dans un hôtel sur Sunset Boulevard.

Tu faisais travailler des filles à Los Angeles ?

Non, les gens pensent souvent que je suis un mac parce que je m’entend bien avec les prostituées. Il y a toujours plein de filles chez moi alors les mecs qui viennent chez moi pensent que je suis leur mac. C’est juste pour le fun, ce que j’aime c’est les photographier, faire des vidéos. Je suis comme Hugh Hefner, j’aime aller au restaurant avec trois ou quatre filles. J’aime les relooker, je faisais ça avec des mannequins. Je suis quelqu’un de créatif, je leur achète des chaussures, je les habille, j’achète de la lingerie blanche que je teins pour elles, je les emmène chez le coiffeur… Je suis créatif avec les femmes. Je me suis bien amusé à Los Angeles, j’ai pris plein de photos, j’ai essayé de faire mon magazine. J’ai un ami qui a une agence d’escort girls, je l’aidais à recruter des filles et à les embellir.

Tu aimes les filles en Europe ?

Elles sont différentes, plus matérialistes. Elles veulent toutes des vêtements de marques, a cause de toute la propagande qu’on sert à la télé, elle veulent s’habiller comme les célébrités ou elles veulent devenir une célébrité. Plus personne n’a de personnalité aujourd’hui, tout le monde veut ressembler aux gens dans les magazines. Quand je suis venu en Europe pour la première fois le communisme et le socialisme dominait en Europe. Maintenant les jeunes sont intoxiqués par la communications. Il y a toujours de jolies filles en Europe mais elles n’ont pas de personnalité, pas d’humour. Quand je venais ici dans les années 80 les filles que je voyais étaient plus drôles, elles étaient plus sur d’elles, plus intelligentes. Maintenant elles ricanent et n’ont pas de conversation. Elles sont bien habillées, parce qu’elles doivent passer leur temps à lire les magazines, mais elle n’ont aucun charisme, elles sont trop immatures..

Interview et texte par SLurg.