Les personnages du film
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:: Critique de Biggie & Tupac

agrandir l'afficheAlors que les théories les plus fantaisistes continuent de circuler sur Tupac, celui-ci serait sur une île, ce documentaire ramènera les plus imaginatifs d’entre-vous les deux pieds dans la merde : en Amérique !
D’abord saluons le courage du réalisateur Nick Broomfield. Oui le courage, car les meurtres des deux superstars du rap, Tupac et Biggie, impliquent directement le label Death Row et la police de Los Angeles (LAPD) et indirectement le FBI. Vu de France et à moins de voir le film, il est difficile d’imaginer les pressions pesant sur les témoins. Vu des Etats-Unis, cela donne cette critique parue dans l’hebdomadaire LA Weekly : "Un film émouvant et courageux … vraiment gonflé … espérons que le réalisateur ne se fera pas descendre dans l’année".
Le distributeur américain pressenti pour la diffusion sur le territoire américain s’est désisté par crainte. Nick Broomfield complète : "Mon distributeur aux USA a lui aussi pris peur et a finalement abandonné la sortie du film !". Pourquoi tant de pressions et en quoi Nick Broomfield répond à la question "Qui a tué les deux superstars du rap" ?
Aussi étonnant qu’il puisse paraître, l’enquête menant aux signataires de ce double meurtre est bien moins inextricable que le moindre des scénarios d’Agatha Christie. En tant que spectateur vous aurez le sentiment choc que les coupables apparaissent comme une balafre sur le visage de l’Amérique. Le mérite de Nick Broomfield aura ainsi été de faire parler les témoins et de recouper leurs témoignages. Assurément il n’y a qu’en Amérique qu’une enquête peut souffrir d’autant de fausses négligences et de partialité. Broomfield conclu : "Mais ce qui m’a beaucoup dérangé, c’est de réaliser à quel point les deux affaires avaient été étouffées avec la complicité totale de la police. Je pense que ça aussi, c’est révélateur de la situation aux Etats-Unis. Je suis sûr que si cela avait été deux des Rolling Stones qui avaient été tués, le meurtre ne serait pas resté impuni."

Il apparaît que Suge Knight, boss du label Death Row, devait un arriéré de 17 millions de $ de royalties impayées à son poulain, Tupac Shakur le rappeur le plus populaire des années 90. 2Pac prévoyait de signer sur un autre label et de déclencher un audit sur Death Row. Death Row servait de façade à de nombreuses exactions dont le blanchiment d’argent de la drogue et employait une trentaine de policiers corrompus du LAPD.
Confronté à ces problèmes d’argent, Suge Knight commandita le meurtre de son "rappeur aux œufs d’or". Afin d’écarter les soupçons pesants sur son label, Suge Knight masqua le meurtre de 2Pac en rivalité entre la Côte Est (New-York représenté par Biggie) et la Côte Ouest (LA représenté par 2Pac) en organisant le meurtre alibi de Notorious Big. Lors de cet assassinat, Biggie et Puff Daddy, de même que Tupac précédemment, étaient sous surveillance du FBI. On comprend donc que l’enquête sur ces meurtres impliquant des policiers corrompus du LAPD au solde de Death Row ne puisse aboutir. Le meurtrier présumé de Biggie, Harry Billups, est le parrain des enfants de David Mack, policier du LAPD et membre du gang des Bloods Mob Pirus. David Mack travaillait pour Death Row et n’a jamais été entendu par la justice dans cette affaire. Le FBI disposerait de photos et de vidéos prises au moment du meurtre de Biggie, pièces à conviction qui n’ont jamais été transmises à la justice. Rappelons aussi que le FBI des années 90 voyait dans le hip-hop la même menace que voyait le président Hoover dans les premiers Black Panthers.
Il faudra sûrement attendre plusieurs années afin que ce dossier sensible soit rouvert. D’ici là, ne manquez pas ce documentaire passionnant.

[voir la bande annonce]

Gwillerm

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